Reiki en soins palliatifs

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soleil13
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Re: Reiki en soins palliatifs

Messagepar soleil13 » 11.04.2013 12h02

Magnifique expérience , merci pour ce beau partage .

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Petite-Pousse
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Re: Reiki en soins palliatifs

Messagepar Petite-Pousse » 26.05.2015 13h07

B >V< njour,

Je remonte ce post qui me tient à cœur, et qui, coïncide une fois encore avec mon vécu du moment.
Ayant déménagé en milieu, vraiment, rural et donc loin des structures dans lesquelles j'intervenais j'ai cessé le bénévolat.

Toutefois une autre opportunité s'est offerte à moi, me permettant d'approfondir ma réflexion sur le sujet, en vivant une nouvelle expérience, mais cette fois, pas avec des "inconnus" mais au sein même de ma famille.
Ma belle mère, 81 ans, diabétique dialysée, amputée, est en fin de parcours et vient de faire plusieurs AVC de durée et conséquences variables en 1 mois.
Je l'accompagne plusieurs jours/semaines. Plus que sur le soulagement physique que lui procure le reiki: une évidence "posez vos mains chaudes" (j'ai initié mon compagnon à Shoden) et cognitif (réapprentissage parole facilité par la relaxation etc...), je souhaite aborder ici, le bénéfice que le reiki permet d'apporter à l'ensemble de la cellule familiale accompagnante.

Bien que fraîchement débarquée dans la famille (2 ans), ma belle mère (que je baptiserai ici Marguerite), m'a malgré mon profil peu académique, très vite adoptée comme interlocutrice privilégiée, ce qui s'est traduit par un tutoiement libératoire non autorisé aux autres brus par exemple.
Dès le début de sa dernière hospitalisation, elle m'a réclamée aux soignants etc...

Son état de santé s'étant moult fois détérioré aux cours des dernières années, et Marguerite étant un sacré bout de "bonne femme" à la force intérieure, imposant le respect, la famille ne saisissait pas bien le "pallier franchi" cette fois avec l'AVC. Les soignants allaient la "réparer", pas l'ombre d'un doute.

Or, dès que nous fûmes Marguerite et moi en tête à tête, ses propos tournaient autour de la lassitude de ces soins "mécaniques" et épuisants, de l'état de ses affaires au sens large (relations familiales, rapport à Dieu et à la mort, héritage), et de son souhait de retrouver sa maison pour "y finir tranquille".

Mon compagnon, conscient de notre relation privilégiée m'a invitée à participer aux discutions avec les soignants. Mon expérience en tant qu'accompagnante a "détendu" les médecins qui ont alors, enfin, libéré leur parole pour prononcer ces mots encore tabous de "fin de vie" et "soins pallias".
Or Marguerite, elle, n'a qu'un souhait, clairement formulé à tous: rentrer chez-elle et y finir sa vie.

Dès lors, une réflexion plus globale et surtout familiale au sens plein du terme s'est engagée sur: qu'est-ce que la fin de vie, qu'est-ce qu'un soin déraisonnable, où se situe la frontière entre soins utiles et nécessaires et l'acharnement thérapeutique, qu'est-ce que le confort en fin de vie, quid du libre arbitre d'une personne pleinement consciente mais à l’autonomie plus que restreinte, qu'est-ce qu'être bienveillant? Et bien d'autres...

S'est donc engagée une réflexion familiale, chacun à son rythme. Et mon accompagnement s'est élargi, discrètement, aux enfants de Marguerite. J'ai "usé" du reiki sous différentes formes (sur la situation, sur Marguerite) mais aussi de l'enseignement lié: impermanence, compassion etc..
Et chacun (famille, soignants) a cheminé au cours des derniers jours, pour convenir in fine que ce qui importait était les désiratas de Marguerite, malgré les soucis logistiques ou moraux que cela peut induire.

Dès lors, tout s'est articulé, de façon fluide, naturelle.
Et Marguerite est loin d'être la seule à qui ces cheminements profitent. Chacun des membres de la famille a engagé une réflexion plus vaste sur la vie, et des changements, constructifs, de comportements ont eu lieu. Le dialogue familial s'est construit sereinement. Et je ne doute pas que ces réflexions enclenchent d'autres effets bénéfiques à plus long terme.

Une fois encore, je constate que l'orée de ce seuil qu'on nomme "mort" est une fantastique enseignante.

Je ne saurais donc que vous engager à amorcer cette réflexion sur la vie, la mort, l'impermanence. Et qui sait? Peut-être à en discuter avec vos proches avant d'être pris par l'urgence.
Par amour pour vos proches, par respect pour les soignants confrontés parfois à des décisions cornéliennes, et par amour pour vous parce que réfléchir à la mort offre de comprendre ce qui nous est réellement essentiel et donc donne du sens à la vie. (L)

Bonne journée à tous.

*î* >R< (o) ###


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