L'histoire d'un câlin avec Amma

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Tara
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L'histoire d'un câlin avec Amma

Messagepar Tara » 28.10.2010 22h52

J'ai envie de vous raconter l'histoire d'une rencontre, celle de ma rencontre avec Amma.

Il y a tout juste un an et 1 mois il y avait 2 jeunes filles en Espagne dans la rue avec une pancarte "qui veut un câlin ?". C'était gratuit et très simple : il suffisait de s'approcher et de se laisser prendre dans les bras par une d'entre elle.
Drôle d'idée... mais j'ai trouvé ça charmant et spontané. Je me suis étonnée qu'il n'y ait pas plus de personnes pour recevoir de la tendresse (à vrai dire les gens souriaient mais passaient leur chemin bien que les jeunes filles soient jolies et bien vêtues). Alors j'ai été "prendre" un câlin de 10 secondes, j'ai dit merci et je suis partie. J'avais le sourire jusqu'aux oreilles. C'est un peu fou non, comme ça un câlin en pleine rue avec un inconnu...

Un mois plus tard (je travaillais à ce moment dans l'herboristerie de mon amie), je trouve sur la devanture du magasin une affichette collée à la vitrine qui parlait d'Amma et disait qu'elle serait prochainement à Barcelone. Je ne savais pas qui elle était. C'est une sainte venue des Indes m'a répondu mon amie qui n'en savait pas plus elle non plus. Une sainte à Barcelone ! Piquée de curiosité et dans une situation personnelle épouvantable, j'ai décidé de m'y rendre le jour dit. Après tout si Gandhi était en visite à Barcelone, je serai allé le voir...

Ce matin là il pleuvait des cordes, j'ai marché jusqu'à la gare, menti à mon mari sur mon emploi du temps, pris le train, le métro (que je n'avais jamais pris), puis marché encore sans comprendre pourquoi je faisais tout cela, ni quel intérêt cela pouvait bien avoir.

En arrivant il a fallu faire la queue 2 heures dans le froid (le froid de Barcelone est très relatif, mais ça, je ne l'ai pas vécu comme ça ce jour là!) pour entrer dans la salle. On m'a demandé d'enlever mes chaussures et demandé de faire la queue (encore) pour obtenir un ticket pour le Darshan.
- C'est quoi au juste le Darshan ?
- C'est Amma qui te prend dans ses bras, m'a-t-on répondu.
- Ah ! (c’était un ah qui voulait plutôt dire "et alors ?"...
Bref j'ai fait la queue, eu mon ticket après je ne sais combien de temps et commencé à visiter les lieux.

Il y avait un monde fou, ce qui était frappant tout d'abord c'était le nombre de personnes qui se prenaient dans les bras les unes des autres avec une attention toute particulière. Il y avait beaucoup de personnes habillées de blanc. J'ai appris par la suite qu'elles étaient toutes bénévoles, certaines suivaient Amma dans ses déplacements autour du monde.

Il y avait des tables avec des objets à vendre, là ça me plaisait beaucoup moins : une sainte qui vend des livres, des Cd, des babioles en tous genres ça me semblait hors propos. Et puis comme il faut attendre son tour pour le Darshan, je me suis assise et j'ai attendu en regardant ce qu'il se passait. Il y avait des chants Hindou et les gens avaient une facilité incroyable à se parler. Comme il semblait que l'on se trouvait au pays d'Alice au pays des merveilles de la communication, j'ai été voir des inconnus et j'ai commencé à parler avec eux de ce qu'il se passait ici.
Les gens venaient de tous pays juste pour l'occasion, ils étaient de toutes religions, même des gens athées venaient la voir (ça, ça m'a impressionné!). En 3 minutes de conversation ils échangeaient leurs téléphones, tout semblait fluide. A se demander si je n'étais pas sur une autre planète et où se cachaient tous ces gens lorsqu'Amma avait fini son séjour...
Au bout de plusieurs heures d'attentes, j'ai commencé à m’exciter, ça n’avançait pas assez vite à mon goût, il fallait que je parte 2 heures plus tard pour aller chercher ma fille à la sortie de l'école, être à l'heure pour cacher mon méfait et refaire tout le trajet dans l'autre sens, il fallait donc accélérer la cadence!
J'ai donc été expliquer tout ça aux gentils "G.O" qui pleins de compassion m'ont aidé à trouver quelqu'un qui voulait bien échanger son ticket avec le mien. Hélas ce n’était pas suffisant, même si cette brave dame allait passer au moins une heure plus tard à cause de moi le temps défilait plus vite que le Darshan ! Alors je suis retourné voir les G.O et cette femme m'a sourie en me disant que tout était bien dans l'univers et que si je devais passer dans les bras d'Amma ce jour là, cela se ferait.
- Allons bon, qu'est-ce que c'est t'y que c'est que ça...? tout est bien dans l'univers... c'est bien Hindou ça !

Pourtant cette femme m'impressionnait j'étais là depuis des heures à tourner en rond, parler, m’asseoir, me lever, la regarder. En fait il ne se passait rien. Rien sinon que tout le monde attend. Rien sinon que cette femme est assise et prend tout le monde dans ses bras, les bébés, les jeunes, les moins jeunes, les petits, les grands, les beaux, les laids, les gros, les mal lavés, les handicapés, elle ne se lève pas, ne boit pas, ne mange pas, ne fait pas de pose, ne va pas aux toilettes, sourit tout le temps, ne change pas de position. A défaut d'autre chose, elle force le respect. Tout le monde est lumineux autour d'elle. Certaines personnes se relèvent de leur câlin en pleurant, même des hommes craquent et fondent en larmes. C'était vraiment un autre univers, mais moi, il me fallait revenir sur la planète terre, bien réelle, ou l'on paie cher de rater son train, ou l'on paie cher le devoir de se justifier auprès de celui à qui l'on a menti s'il soupçonne quelque chose. Alors le "tout est bien dans l'univers", il faudra que l'on me l'explique, parce que là, voyez-vous, j'ai pas le temps...

Alors j'ai donné mon ticket à un type sympa avec lequel j'avais discuté en lui demandant de l'offrir à quelqu'un qui en avait plus besoin que moi. Et je suis rentrée chez moi sous la même pluie battante qu'au matin en me demandant quelle était l'histoire de celui ou celle qui pouvait en avoir besoin plus que moi, plutôt déçue de savoir que l'univers me boudait, avec le sentiment d'un manque comme lorsqu'on sait qu'on oublie quelque chose mais qu'on sait pas quoi et qu'on part quand même...

J'ai récupéré ma fille à l’école, j'étais en retard mais pas trop, par chance mon mari avait eu un empêchement; il n'était pas à l'heure lui non plus à la maison. Peut-etre que finalement "l'univers" y était pour quelque chose...

Je suis fatiguée, je vais me coucher, je vous raconterai la suite demain. J'ai eu à ce jour 4 rencontres avec Amma. Comme dans tous les contes de fée, elles vont crescendo, la dernière c'était hier.

Bonne nuit vous tous et toi et toi qui te reconnaîtra.
Que votre nuit soit douce, douce comme dans les bras d'Amma.

Tara
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Bruno
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Re: L'histoire d'un câlin avec Amma

Messagepar Bruno » 28.10.2010 23h45

Bonsoir Tara,
j'ai hâte de lire la suite !!!
Je parlais d'Amma avec un ami hier soir et après j'ai regardé des vidéos sur son site... j'ai été tout simplement impressionné. Du coup je vois ton post et me voilà :)
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Re: L'histoire d'un câlin avec Amma

Messagepar Aurélie » 29.10.2010 0h19

Bonsoir <|> (^ ,

Après une soirée tranquille les yeux dans les cinq étoiles filantes (^ <|> ^) qui m'ont fait un superbe spectacle, cette nuit magique continue pendant la lecture de ton conte enchanteur grâce à toi Tara. Merci de nous le faire partager...Et bien sur hâte de découvrir la suite, la suite! ;)

Belle nuit magique _I_ (^ >V<
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Re: L'histoire d'un câlin avec Amma

Messagepar André Baechler » 29.10.2010 5h44

Bonjour :O:

Merci Tara pour ce témoignage qui donne envie de découvrir la suite... ;)

Sans doute que l'univers souhaitait (en guise de première étape) tester ta motivation à rencontrer Amma et te confronter au lâcher prise...? :p

Alors à bientôt pour la suite du récit... ¦3¦
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Re: L'histoire d'un câlin avec Amma

Messagepar Nathalie » 29.10.2010 8h41

Merci Tara pour ce magnifique récit */\*
La suite...la suite....

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Re: L'histoire d'un câlin avec Amma

Messagepar Annie » 29.10.2010 15h47

Merci Tara ¦3¦ ,

Je m'approche aussi pour écouter la suite (^ ...
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valie
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Re: L'histoire d'un câlin avec Amma

Messagepar valie » 29.10.2010 18h46

J'avais déjà entendu parlé d'Amma, je ne sais plus comment, j'attends aussi de lire la suite de cette belle rencontre

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Tara
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Re: L'histoire d'un câlin avec Amma

Messagepar Tara » 29.10.2010 21h47

...

"Tout est bien dans l'univers"... C'est une toute petite phrase de rien qui a agi comme une goutte d'acide. Elle s'est posée sur ma cuirasse, elle a creusé le métal, le derme, l'épiderme, les os, peu à peu, en se mélangeant au sang, elle s'est transformée en lierre, se collant à chaque pensée, dans le moindre espace et souffle de ma vie.
Je ne sais pas comment elle a fait ça, ni pourquoi elle m'a tant marqué ni guidé.

Pratiquement un an s'était écoulé.

J'avais un ami de mes 17ans (qui m'avait comme par "hasard" retrouvée sur un site 20 ans plus tard) avec qui je correspondait quotidiennement depuis 3 mois qui me demanda un jour si je connaissais Amma. Je lui dis que oui, j’étais allée la voir mais que je n'avais pas pu rester jusqu'au fameux moment du "câlin". Nous passons le sujet et le lendemain je lui demande de me raconter sa rencontre avec elle.

Il m'explique que ce fut une rencontre incroyable, qu'il ne la connaissait même pas de nom mais que dans l’après-midi, une amie lui en avait parlé et le soir, en rentrant chez lui, il voit le panneau "Cergy" (lieu où se trouvait Amma ce soir là) et décide de bifurquer à la dernière minute. En passant dans ses bras, il craqua comme jamais dans sa vie...
Connaissant le "bonhomme", ça m'a frappé. Il n'était pas du genre à "péter un plomb" pour un câlin.

Alors quoi ? Alors rien. Moi je l'avais trouvée étonnante à rester assise si longtemps sans bouger, admirable même, mais de là à changer quelque chose dans la vie... Ce n'est même pas la cours des miracles à laquelle on peut s'attendre, il n'y a aucune majorité d'âge et ceux qui sont malades ne s'en trouvent pas guéris !

Quelques jours plus tard, il m'envoyait un lien internet d'une vidéo Daylimotion sur laquelle elle donnait le Darshan, en me disant qu'elle était sur Paris dans les jours suivants. A la vue de cette vidéo, j'ai fondu en larmes de joie, comme de pitié pour moi.

Puis un soir que ma vie partait de plus en plus en "sucette", j'ai décidé qu'il fallait que je fasse quelque chose pour moi. J'ai fait le truc le plus "dingue" que je puisse faire : j'ai affronté mon mari. Je lui ai dit : Je pars 3 jours, comme je ne veux pas te mentir je ne te dirai ni où, ni avec qui, ni pourquoi. Il faut croire que "l'univers" s'en est mêlé, car je m'attendais à bien pire comme réaction. J'ai appelé mon ami et nous avons convenu d'y aller ensemble.

La veille de mon départ, le jeudi, le téléphone sonne, on m'offre un emploi, il faut que je vienne tout de suite. Apparemment je conviens pour le poste et l'on me demande de commencer dès lundi. Lundi ? Impossible ! mon billet d'avion est pris je ne rentre que mardi ! Nous convenons que je commencerai donc mardi, si personne ne fait mieux l'affaire. Et c'est toute légère, confiante en une bonne étoile que je m'endors.

Le lendemain matin je passe signer mon contrat de travail 3 heures avant mon départ en avion et l'on m'annonce que la place est pourvue. L'Espagne est en crise, j'aurais du sauter sur l'occasion, je savais qu'ils avaient besoin de quelqu'un tout de suite j'ai laissé passé ma chance !

Il me reste 3 heures avant de retrouver Jonathan, quelques heures pour dé-liquéfier mon cerveau, remettre de l'ordre dans celui-ci et comprendre pourquoi j'ai fait une telle "connerie".

Est-ce que je me suis mentie ? Non !

Est-ce que ce travail était vraiment important pour moi ? Oui !

Est-ce que ce n'est pas plutôt pour le voir, lui, que je me rends envers et contre tout à Paris ? Non !

Est-ce que cette Amma est vraiment si importante pour moi ? Oui !

Est-ce que je perds le sens des priorités ? Non !

Alors pourquoi finalement ? J'ai peur, mais je me sens en accord avec moi même, parce que "tout est bien dans l'univers".

Lorsque Jonathan m'a posé la question après mon récit et nos retrouvailles, c'est tout ce que j'ai réussi à lui répondre. La seule et unique vérité qui me venait : Parce que tout est bien dans l'univers.

Le lierre commençait à pousser. Peut-être que c'était quelque chose comme ça le "lâcher prise". Parce qu'ils en ont de bonnes "ceux qui savent " avec leurs termes. Ils n'y a qu'eux qui se comprennent. Lâcher prise ça veut dire se "moquer de" ? Est-ce que que l'on est supposé ne pas faire cas de ? Ne pas donner d'importance à ? Je ne savais pas ce qu'était le lâcher prise et cela aurait été écrit en chinois que j'aurais tout compris pareil. Par contre je comprenais enfin ce que c'était que "tout est bien dans l'univers", et j'étais en paix, même si les évènements se contredisaient. Je ne comprenais pas tout le sens de tout cela, mais je sentais que j'étais sur la bonne voie.

Mon ami lui, trouvait ma réponse un peu folklorique je crois. Il m'a répondu que lorsque l'on veut quelque chose, il faut se donner les moyens de l'avoir et qu'il faut se battre. Soit dit en passant, ma traduction très "personnelle" correspondait à : >> Si tu veux t'en sortir fais ce qu'il faut. Tu aurais du accepter ce travail immédiatement, annuler ce voyage. N'es-tu pas venue surtout pour moi ? >>

Quand à lui ce matin là, sa grand-mère mourait, celle qui avait mené sa vie en enfer mais qu'il "aimait" quand-même.

Le lendemain matin nous partons pour notre Darshan. Cette fois comme je n'ai pas besoin de me cacher nous arrivons bien avant l'ouverture des portes. Il y a déjà une queue incroyable, il doit faire 5 degrés et tout le monde patiente avec le sourire. On est chez Amma !

Re-enlevage de chaussures, et file d'attente pour le ticket. Ça sent bon, ça sent la nourriture hindoue, les épices, la paix. Amma arrive toute vêtue de blanc dans un sari sans froufrou, ni dentelle, ni brillant. Elle est toute ronde, petite, jolie, typée. Elle s'assied et à 10 heures, voilà que commence l'incroyable défilé qui durera toute la matinée, toute la journée, toute la soirée, sans qu'elle ne s'arrête. Un grand écran fait défiler des images de sa vie, sur un autre, on peut voir même de loin le Darshan en gros plan se dérouler.

Comme nous avons du temps devant nous, nous en profitons pour nous parler. Peu à peu viennent des douleurs dans le dos, Jonathan m'explique que je n'ai pas à m'en préoccuper, que cela arrive parfois chez Amma. Je ne comprends pas pourquoi, mais je ne pose pas de question, je suis comme dans un état second, presque plus envie de parler, j'écoute les mantras hindous et à eux seuls, ils parlent à mon âme, même si je n'en comprends pas la signification. La douleur s'intensifie.

Bientôt c'est notre tour. Nous nous asseyons sur les chaises en file indienne côte à côte. Nous passerons ensemble dans les bras d'Amma. Tout va alors très vite. Je vois la personne devant moi s'agenouiller pour passer dans ses bras, ça y est elle me vois, elle me regarde, l'autre se relève, c'est mon tour. On me pousse dans ses bras, je tombe comme dans un trou, elle sent la rose, elle est confortable, elle dit quelque chose que je ne comprends pas. On me relève. C'est fini. Pour moi, il ne s'est rien passé. Je suis contente, j'ai toujours mal au dos. J'ai envie de prendre à mon tour mon ami dans mes bras. Je le fais.

J'aurais pourtant cru, ou voulu, je ne sais plus très bien, je suis épuisée. Jonathan me dit que la fois où il était venu lui, c'était le dernier soir du Darshan. Que ce dernier soir est très spécial, Amma devient dans la soirée la Mère, c'est le Devi Bhava. Ce soir là, elle prendra tous ceux qui viennent à elle, même si cela doit durer jusqu'à midi le lendemain.

Si je comprends bien, j'ai encore raté quelque chose, mais je suis fatiguée, il n'est que 6 heures du soir et j'ai l'impression de ne pas avoir dormi depuis 2 jours, mon dos me fait mal, je n'ai plus envie de parler, ni de manger, j'ai juste besoin de dormir.

J'ai passé ce week-end là l'un des plus beau week-end de ma vie. Je voyais des arbres, j'étais en paix, j'étais heureuse. Cette fois l'univers voulait bien de moi, il m'encourageait même puisque mon lierre poussait, bientôt les fées allaient venir.

Je ne savais pas que de retour chez moi, j'allais découvrir qu'un mois plus tard, Amma serait à Barcelone et que j'y retournerais...

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Nathalie
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Re: L'histoire d'un câlin avec Amma

Messagepar Nathalie » 30.10.2010 16h49

Quel magnifique récit (L). Merci Tara (L)
Cette petite phrase "tout est bien dans l'univers..." me trotte dans la tête ces derniers jours (o)

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Re: L'histoire d'un câlin avec Amma

Messagepar Tara » 30.10.2010 19h43

...

Peut-être parce que ma vie ne ressemblait à rien, peut-être parce que je ne savais plus comment sortir de ma situation, peut-être parce que j'avais besoin de bien être et d'espoir, lorsque j'ai su qu'Amma venait à Barcelone le mois suivant, j'ai décidé d'y retourner, mais cette fois-ci le "fameux" dernier jour (elle vient toujours 3 jours dans la même ville).

Il faisait beau. Il y avait encore plus de monde qu'à Paris. Queue, ticket, chaussures, queue... Ca c'est fait ! Aujourd'hui, Amma prendra tour à tour toutes les personnes qui se présenteront à elle, sans interruption jusqu'au lendemain. La journée et la nuit promettaient d'être longues...

L'ambiance était très différente qu'à Paris. A l'extérieur du bâtiment, comme le temps le permettait, les fumeurs se retrouvaient. Il y avait des jeunes d'une vingtaine d'années qui faisaient une sorte de gymnastique qui ressemblait au yoga. Une personne allongée sur le dos, les jambes à la verticale en soutenait une autre par les hanches tout en se laissant basculer le haut du corps vers l'avant. Celui au sol lui faisait faire des mouvements avec les bras et les jambes. On aurait dit une marionnette qui volait. C'était vraiment très beau et très fluide.

Je regardais la scène quand la jeune fille me demanda "quieres volar ?" (Tu veux voler ?). Oh oui, je voulais voler, je voulais dire "oui" à tout aujourd'hui, oui à la vie, oui au bonheur même s'il ne devait durer que quelques minutes. La sensation était un réel bien être, mes muscles se détendaient, c'était comme un massage, un équilibre et une confiance à deux. C'était de l'AcroYoga.

Toujours à l'extérieur, un jeune père s'est installé au sol avec un très gros bol d'un diamètre de 40 cm au moins. Ca ressemblait aux fameux bols tibétains mais en beaucoup plus gros. L'utilisation était la même. Il disait que le son de cet objet était celui de l'univers. Des petits enfants s'allongeaient spontanément à même le sol pour y coller leur oreille et profiter de la sonorité. Peu à peu dans la journée, d'autres musiciens se sont joints à lui, les uns avec des violons, d'autres des guitares, des flûtes, des jumbays. Ceux qui le voulaient scandaient le nom d'Amma en improvisation. Les gens se mettaient à danser. Le son du bol emplissait l'air, ses ondes transperçaient le corps.

A l'intérieur le Darshan se poursuivait. A midi j'étais de nouveau pleine de douleurs au dos (je n'ai aucun problème majeur au dos, pas même une petite scoliose). Je vaquais entre les différents stands, lorsque je vis une petite fille se promener avec un panneau "recherchons 5 personnes pour la fabrication des samossas". J'ignorais ce qu'étaient les samossas, mais j'étais partante. On me conduisit à l'arrière du bâtiment où se trouvaient les cuisines sous tentes. Il s'agissait de mélanger différents ingrédients, et de les mettre en boulettes, d'autres se chargeaient de les rouler dans une pâte en forme de triangle pour en faire des petits chaussons. Il vint à l'idée d'une personne d'en découper les bords avec un couteau dentelé pour en décorer les bords.

20 minutes après, on nous expliquait que la déco était très jolie mais ne correspondait pas au style simple et dénudé que représentait Amma. A ce stand de fabrication, j'appris que toutes les personnes qui travaillaient pour servir Amma et cette journée étaient toutes bénévoles. Chacun donnait son temps comme il le voulait. Certains quelques heures, d'autre la journée, d'autres encore étaient là pour les 3 jours. Au bout de 3 heures de samossas, en conversant avec les uns et les autres, tout en écoutant la musique jouée par les musiciens autour d'Amma, je ne sentais plus mon dos. Il me fallait m'asseoir. Tout était paisible et beau mais je me sentais de plus en plus mal.

A 18h, le Darshan s'arrêta un moment. On allait passer au Devi Bhava. C'est une cérémonie où Amma bénit de l'eau. Il en est distribué à chacun. On en boit une gorgée et on garde le reste si on le souhaite pour le diluer dans une bouteille que l'on boira au fil du temps et des jours. Amma se retira pour se changer sans même s'étirer d'être restée toute la journée assise.

Nous attendions qu'elle revienne, tous assis sur des chaises ou à même le sol. Même assise je me sentais de plus en plus mal. Je me rendis compte que j'avais oublié d'aller manger et comme je n'avais pas le temps de me restaurer avant le début de la cérémonie de l'eau que je désirais voir, je partis en direction des cuisines chercher un morceau de sucre. En chemin un homme habillé en sari orange (celui qui est toujours à la droite d'Amma durant le Darshan) me bloquât le passage, me disant que je ne pouvais plus passer car Amma allait arriver. Il me dit : "Lorsqu'elle arrivera, tu te placeras derrière elle et tu la suivras".

Elle arriva, toute vêtue de Bleu avec une sorte de couronne sur la tête. Je fus la première à sa suite. Elle montât sur la scène (le Darshan durant la journée se déroule au pied de la scène) où il avait été installé une petite tente en tissu hindou.

Elle fit un discours en hindou sur la peur (traduit dans la langue du pays par une interprète). Elle nous expliquât que la peur attirait la peur, que certains parlaient de fin du monde en 2012, mais qu'il fallait croire en la vie. Elle expliquait comment prendre soin de notre planète, elle parlait de la pureté des enfants, nous invitait à croire en notre Divinité. Les petits enfants étaient assis autour d'elle sur la scène et chose surprenante, pas un ne bougeait ni ne s'impatientait, les bébés ne pleuraient pas, les vieillards ne toussaient pas. Tous ensemble nous dîmes trois "om" pour clôturer cette séance. 15'000 "Om" en même temps, ça fait un drôle d'effet ! Ca remplit tout l'espace, s'en est presque palpable.

Elle s'assit sous la tente et le Darshan du soir commença. Elle est la Mère Divine et dans son pays elle est une représentation de Shiva (à ce moment là sur les 3 jours seulement). Le temps passe. Je ne peux ni m'asseoir, ni être debout, j'essaie de m'allonger mais je ne tiens dans aucune position. Cette douleur est infernale, je n'ai jamais vécu ça. J'ai presque envie de vomir tellement j'ai mal et je ne sais pas pourquoi. Je sors, je fume, il fait froid maintenant mais ''le joueur de bol'' est toujours là, de plus en plus de gens dansent, chantent et jouent, c'est comme une liesse générale. J'entends des chants, des cris de joie qui viennent de l'intérieur, je rentre. Les gens sont debout, ils tapent dans leurs mains au son de la musique, certains dansent, il règne une joie incroyable, le Darshan se poursuit. C'est comme si tout le monde disait sa joie à Amma d'être là, ils l'accompagnent, la soutiennent, lui offrent un bain de joie. Je voudrais participer, être heureuse avec eux moi aussi, mais je ne peux pas j'ai trop mal, je m'allonge, j'essaie de fermer les yeux et de dormir mais c'est impossible, j'ai envie de pleurer, de hurler, de tout casser, je ne me reconnais pas. Il faut que je parte d'ici, je ne peux pas rester.

Je me dirige vers la sortie ne sachant même pas comment je vais faire pour rentrer chez moi car à cette heure-ci il n'y a plus de train. Mais il faut que je parte, que la douleur cesse. Un homme en civil me tend un prospectus sur le reiki, il m'explique que là dans un coin reculé de la salle il y a des chiropracteurs, des personnes qui font du reiki à ceux qui le souhaitent. Ca me fait sourire. J'y vais. Il y trop de monde à attendre pour une séance de reiki, je choisi le chiro. Je m'affale sur sa table, je n'en peux plus. Il ne me pose pas de question et commence la manipulation. Au bout de 2 minutes, il me demande à quand remonte l'accident que j'ai eu pour avoir le dos dans cet état là. Je n'ai pas eu d'accident. Il sourit et s'assied près de moi. Ce sont des émotions, me dit-il, qui me mettent dans cet état. Il rajoute 2 manipulations et s'arrête.

Gentiment, je lui dis que je m'en vais, qu'il ne m'a rien fait, que je souffre trop et que l'argent que je lui ai donné, j'aurais préféré ne pas le dépenser pour ce résultat là, parce que ce n'était pas dans mon budget, même si son prix est plus que raisonnable. Avec les yeux pleins de douceur, il me conseille d'aller marcher, de ne pas partir, d'écouter la petite voix au fond de moi, et que si dans 30 minutes j'ai toujours aussi mal il me refera une séance.

Je vais marcher, j'en ai marre, je revois ses yeux si plein de compassion, j'essaie d'écouter, la petite voix. Elle n'est qu'un murmure. Plus fort, lui dis-je, je n'entends rien... Je commence à me parler à moi-même...

- Ne vois-tu pas que tu as été invitée à suivre Amma ? Ne vois-tu pas que tout ici n'est que joie et que c'est ce à quoi tu aspires ? Ne vois-tu pas que deux fois déjà tu es venue et que chaque fois tu as eu un goût d'inachevé ? N'as-tu pas envie d'aller jusqu'au bout cette fois ?

- Jusqu'au bout de quoi ? J'ai mal au dos, je ne suis bien dans aucune position, je suis fatiguée, il ne se passera rien de plus.

- Tu pourrais peut être juste attendre ton tour pour le Darshan, c'est dommage d'être venue pour ça et de partir avant.

- Oui, c'est vrai. Je commence à avoir un peu moins mal, peut-être que cela passera. Mais tu avoueras que c'est un peu étrange cette douleur, cette envie de vomir.

- Ne t'en occupe pas, c'est un nettoyage.

- ????

Je rentre dans le hall pour regarder à quel numéro se situe mon ticket. Mon tour ne va pas tarder. Je me mets dans la file. Il doit être deux heures du matin, je regarde autour de moi, chacun profite d'Amma à sa façon. Il y a ceux qui restent un peu à l'écart, qui ne s'impliquent pas vraiment, qui vont dans la salle de restauration, qui parlent, qui tentent de dormir un peu, ceux qui sont sur le pourtour du centre qui participent avec les yeux et le coeur probablement, mais qui ne bougent pas, ceux qui sont au pied de la scène et au centre. Pour ceux-là c'est l'ivresse. Ce sont à peu près les mêmes que depuis le départ du Darshan. Ils chantent sourient, tapent dans les mains, dansent... Il émane d'eux un bonheur extraordinaire.

Mon tour approche, je regarde Amma toujours aussi fraîche et souriante. Je me demande comment elle fait. Plus que 2 personnes devant moi.

- Amma, je ne sais pas ce que je suis venue chercher, mais je le cherche.

Plus qu'une personne devant moi.

- J'ai envie de lui dire quelque chose, mais quoi ?

C'est mon tour, on me passe un linge sur le front, je la regarde droit dans les yeux et juste avant qu'on ne me pousse dans ses bras, je lui dis :

- Amma, aide-moi !

Je tombe dans un trou, c'est très doux, si ma mère me prenait dans ses bras, j'aimerais y ressentir cela. On me relève, je n'ai même pas le temps de voir son visage encore une fois. On me tend mon sac à main que l'on m'avait mis de coté et l'on me dit que si je veux recevoir un mantra, c'est là, dans la file d'à coté. Je n'ai plus mal au dos. Comme un automate je me mets dans la file. Dans ma tête, il ne se passe plus rien. Je suis sûre que si l'on mettait des électrodes sur mon front, on lirait une ligne verte sans activité aucune.

...
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